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L'Europe que nous espérons
Projet de programme d'activités de la Commission Eglise et société (CES) de la Conférence des Eglises européennes (CEC-KEK) 2009 – 2015
Notre espérance pour l'Europe
Voici comment la Charta Œcumenica conçoit l'intégration de l'Europe: "Nous som-mes convaincus que l'héritage spirituel du christianisme représente une force d'inspi-ration enrichissante pour l'Europe. Sur la base de notre foi chrétienne, nous nous engageons pour une Europe humaine et sociale, dans laquelle s'imposent les droits de l'homme et les valeurs fondamentales de la paix, de la justice, de la liberté, de la tolérance, de la participation et de la solidarité. … Nous nous engageons à nous en-tendre mutuellement sur les contenus et les buts de notre responsabilité sociale commune, et à soutenir le plus possible, ensemble, les objectifs et les perspectives des Eglises vis-à-vis des institutions séculières européennes."
Pour la CEC-KEK et sa Commission Eglise et société (CES), le terme d'Europe en-globe toujours la totalité du continent, "de l'Atlantique à l'Oural, du cap Nord à la Méditerranée" (Charta Œcumenica).
Notre mandat
L'engagement des Eglises en faveur de l'intégration européenne se reflète dans le mandat de la CES formulé dans ces termes:
a) étudier les questions relatives à l'Eglise et à la société dans une perspective socio-éthique, comme l'ont fait jusqu'à présent le Conseil des Conférences épiscopales d'Europe (CCEE) et la CEC-KEK (par exemple: paix, justice et sauvegarde de la création; réconciliation; Eglises et gouvernements);
b) suivre les activités des institutions européennes: Union européenne (UE), Conseil de l'Europe, Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en rapport avec des thèmes comme le processus de l'intégration eu-ropéenne, la démocratisation, le respect de la primauté du droit, les questions relatives aux droits humains et des minorités, la sécurité européenne, les questions économiques et sociales, l'environnement;
c) se soucier des responsabilités spécifiques des Eglises des Etats membres de l'UE à l'égard de la politique extérieure de celle-ci.
Construire des ponts entre les Eglises et les institutions européennes
La communication fait partie intégrante de toutes les activités de la CES. Depuis 2004, elle publie un rapport annuel qui, sous une forme attrayante et aisément ac-cessible, présente les points de vue des Eglises sur les débats européens en cours et met en évidence les principales activités de la Commission. Les membres de la CEC-KEK sont tenus au courant de l'évolution des affaires européennes grâce aux bulletins d'information de la CES, souvent accompagnés de documents et de rap-ports qui permettent d'approfondir des sujets particuliers.
L'intégration concrète des Eglises membres et membres associés dans le travail de la CES constitue également une forme essentielle de communication; elle se fait dans le cadre de groupes de travail, de groupes ad hoc, de réunions statutaires, de colloques et de séminaires, sans oublier les réunions avec les institutions sous l'é-gide de la CES. Les rencontres annuelles des secrétaires responsables des ques-tions Eglise et société des Eglises européennes constitue un exemple des échanges suivis qui ont lieu entre les Eglises membres et les organisations associées; con-sacrées à des sujets d'actualité, elles permettent de veiller à ce que les activités en cours de la CES répondent aux besoins et préoccupations des membres.
Retour à 2003
Le chapitre du rapport "De Trondheim à Lyon" consacré à la CES donne un aperçu du travail effectué par celle-ci depuis la dernière Assemblée de la CEC-KEK à Trondheim, en 2003. On y retrouve les trois grands aspects des activités de la CES:
- Travail de base
- Collaboration avec les Eglises membres de la CEC-KEK et les organisations associées et entre elles
- Relations avec les institutions européennes. On retrouvera ces trois aspects dans le document sur les méthodes et modes de travail de la CES, qui se trouve dans la partie du site de l'Assemblée consacrée à cette Commission.
Dans la perspective de 2015
Une première proposition concernant le nouveau programme de travail de la CES a fait l'objet d'une discussion lors de la réunion des secrétaires responsables des ques-tions Eglise et société des Eglises européennes en octobre 2008. A la suite de cette réunion, le document a été modifié et adopté par le Comité exécutif de la CES.
Le présent document soumet ce projet à l'examen de nos Eglises membres et organisations associées, qui sont invitées à formuler leurs commentaires et propositions. Toutes les réponses feront l'objet d'un examen attentif.
Sur la base des réponses de nos Eglises membres et organisations associées, une proposition de programme sera élaborée lors de la dernière réunion de la Commis-sion Eglise et société, qui aura lieu au Danemark du 11 au 15 mars 2009. Cette proposition sera ensuite présentée avant l'Assemblée à un groupe de travail de la CEC-KEK, qui sera chargé de préparer un document à l'intention du Comité d'ex-amen des directives désigné par l'Assemblée. Cette dernière devra ensuite définir les priorités des activités de la CEC-KEK et de ses commissions.
Qu'est-ce que la CES est bien placée pour faire?
Dans l'optique de ses Eglises membres et organisations partenaires et étant donné l'ampleur de son ordre du jour, il importe de poser deux questions concernant la CEC-KEK:
- Qu'est-ce que la CEC-KEK et sa CES sont particulièrement bien placées pour faire?
- Qu'est-ce qui peut être mieux fait par une ou plusieurs Eglise/s membre/s et/ou organisation/s partenaire/s?
Au cours des années, la collaboration et la répartition des tâches avec d'autres insti-tutions ont pris toujours plus d'importance, en particulier avec les deux autres com-missions de la CEC-KEK, mais aussi avec ses membres associés et organisations partenaires, comme la Communion d'Eglises protestantes en Europe (CEPE), l'APRODEV (Association des organisations de développement liées au COE), Eurodiaconia, Oikosnet Europe (Association des académies et centres de formation des laïcs), les organisations de formation partenaires et d'autres encore. Les bureaux des Eglises membres à Bruxelles et Strasbourg jouent un rôle de premier plan dans ce domaine, ainsi que nos relations avec les organisations partenaires catholiques romaines, à commencer par la COMECE (Commission des épiscopats de la Com-munauté européenne). En outre, la CES recherche la collaboration avec les organi-sations européennes d'autres religions ainsi qu'avec d'autres réseaux européens.
Par ailleurs, la collaboration avec d'autres organisations et groupes d'Eglises ré-gionaux a acquis une importance croissante pour la CES parce qu'elle permet de "rapprocher l'Europe et les gens". Il ne faut pas manquer de mentionner ici la col-laboration sur des questions de portée européenne avec la Conférence des Eglises riveraines du Rhin, le Réseau Théobalt, l'Eglise évangélique luthérienne de Finlande et l'Eglise de Suède, collaboration qui constitue un exemple à suivre.
La base de notre espérance et de notre travail
Il importe de souligner que la CES est une organisation bien spécifique et non pas une ONG parmi bien d'autres à Bruxelles et Strasbourg. Au service des milieux d'E-glise, elle est inspirée par la foi. Elle tient beaucoup à ce que son travail, essentielle-ment théologique et fondé sur une éthique inspirée par la religion, se distingue par sa relation avec les défis de l'heure actuelle. En outre, la présence de la CES a une di-mension spirituelle; elle participe par exemple aux travaux de la Chapelle œcumé-nique de la résurrection (Chapelle pour l'Europe) à Bruxelles.
Rendre l'espérance visible: activités prioritaires de la CES
Les chapitres qui suivent définissent un certain nombre de priorités en vue des activi-tés de la CES au cours des années à venir. Il convient de noter que beaucoup d'en-tre elles sont étroitement liées. En outre, il existe un certain nombre de sujets inter-sectoriels qu'il s'agit de prendre en compte dans tous les domaines d'activités: impor-tance des genres (cf. le document de la CES sur la prise en compte de ces derniers), collaboration entre les régions européennes, développement durable. L'analyse et l'évaluation des processus législatifs européens constitue une préoccupation présente dans tous les domaines d'activité de la CES.
Le processus de l'intégration européenne est au cœur de l'engagement de la CES dans la politique européenne. Lors de leur réunion de 2006, les responsables d'E-glises européens ont mis l'accent sur ce qui constitue depuis longtemps une préoc-cupation de la CES: l'Europe ne doit pas se borner à être un projet économique. Les Eglises ont un rôle important à jouer pour veiller à ce que l'Europe dans son ensem-ble prenne en compte les valeurs en mettant en évidence les dimensions humaines, sociales, spirituelles et religieuses du projet européen. Les dialogues entre les relig-ions et les cultures constituent des éléments importants du processus d'intégration. Toutes ces dimensions jouent un rôle lorsqu'il s'agit d'encourager et de soutenir la participation des populations européennes à l'intégration et de faire d'elles les parties prenantes de ce projet.
Pour les Eglises, l'intégration européenne constitue un processus qui implique l'en-semble du continent et non seulement les Etats membres. Il convient d'accorder une attention particulières à certains domaines de préoccupation, comme les rapports en-tre l'UE et la Turquie, les perspectives d'adhésion des pays balkaniques, sans oublier la question des relations de l'UE avec les pays voisins.
Objectifs: - avec les Eglises membres, poursuivre la réflexion sur la place des valeurs dans le processus européen d'intégration et encourager le dialogue avec les institutions européennes sur les valeurs qui nous sont communes;
- dans le contexte de l'intégration en cours, examiner les divergences entre l'Est et l'Ouest européens;
- examiner les relations de l'UE avec les pays candidats à l'adhésion;
- examiner les relations des Etats membres de l'UE avec les pays d'Europe ori-entale, tant dans le contexte de l'UE (politique européenne de voisinage) que dans celui d'autres organisations paneuropéennes (OSCE, Conseil de l'Eu-rope);
- se soucier de la diversité culturelle et religieuse en Europe.
Les conséquences de la mondialisation de l'économie se font sentir toujours plus et les Eglises européennes sont constamment mises au défi d'en considérer la portée dans le monde entier, y compris l'Europe, et d'affronter la question de la justice mondiale et de la responsabilité des pays industrialisés européens à l'égard des autres régions du monde. Depuis 2008, la CES a lancé un projet avec le Conseil des Eglises d'Amérique latine en vue d'examiner les impacts de la mondialisation et instauré un dialogue avec le Conseil des Eglises de toute l'Afrique. Elle soutient également les activités du Conseil œcuménique des Eglises au sujet de la mondialisation, où elle joue un rôle important, et notamment le projet d'examiner plus particulièrement la situation en Europe en 2010.
Jusqu'à présent, le travail de la CES sur la mondialisation se fonde essentiellement sur le document "European Churches Living their Faith in the Context of Globalisation" (Les Eglises européennes et leur foi vécue dans le contexte de la mondialisation) qui souligne les diverses manières dont la mondialisation est vécue dans différentes régions du continent. On est en train d'introduire des points de vue spécifiquement européens dans le débat, par exemple les expériences faites avec le modèle de l'économie sociale de marché et le processus d'intégration. Les contacts bilatéraux entre Eglises d'Europe et Eglises d'autres continents sont nombreux; ce qu'il convient de renforcer, c'est le souci des Eglises européennes de s'exprimer d'une même voix pour communiquer avec des partenaires d'autres continents ainsi qu'avec les institutions politiques.
Objectifs:
- suivre la recommandation du Troisième Rassemblement œcuménique européen de Sibiu demandant le lancement d'une procédure de consultation sur la responsabilité européenne à l'égard de la justice écologique et d'une forme équitable de mondialisation;
- conscientiser les Eglises d'Europe sur le sujet de la mondialisation et de ses conséquences;
- faire en sorte que les Eglises d'Europe parlent d'une même voix lorsqu'elles s'expriment au sujet de la mondialisation;
- renforcer la collaboration avec les partenaires spécialisés des Eglises qui offrent une aide au développement au niveau européen et avec les institutions européennes;
- renforcer le dialogue entre les Eglises d'Europe et celles des autres continents;
- participer au processus d'étude du COE sur la richesse, la pauvreté et l'écologie.
Conformément aux recommandations du Troisième Rassemblement œcuménique européen de Sibiu (2007), la CES continue à encourager l'engagement des Eglises européennes en matière d'environnement et de changement climatique. La Commis-sion sert de secrétariat au Réseau chrétien européen pour l'environnement (ECEN) et participe à ses travaux qui visent à renforcer le témoignage commun des Eglises dans ce domaine et à offrir un forum de réflexion et de partage des bonnes pratiques. Il est désormais admis que la protection de l'environnement comporte une forte dimension éthique. Les problèmes de justice et de formation écologiques remet-tent en question les styles de vie de nombreux Européens et de leurs sociétés. Tou-jours plus nombreuses sont les Eglises membres de la CEC-KEK qui se sont en-gagées à réduire leur impact écologique et à conscientiser leurs paroisses et la so-ciété.
La CES fait entendre la voix des Eglises dans le débat politique sur le changement climatique, le souci de l'environnement et le développement durable. Actuellement, ce débat porte en priorité sur le changement climatique et la réduction des émissions de CO2 dans le cadre des négociations mondiales sur la suite à donner au Protocole de Kyoto. L'UE s'est donné des objectifs ambitieux, dont la réalisation, en cours de négociation, est rendue plus difficile par la crise économique en cours.
Objectifs:
- examiner les problèmes écologiques dans une perspective théologique et éthique et renforcer le témoignage commun des Eglises sur des sujets tels que la mobilité, la gestion écologique et la durabilité;
- continuer à soutenir l'ECEN, réseau d'Eglises européennes et, par son en-tremise notamment, les Eglises membres de la CEC-KEK, en vue d'encour-ager leurs activités dans le domaine de l'écologie;
- encourager les Eglises européennes à observer "le temps de la Création / Creation Time" (recommandation de l'Agence européenne pour l'environne-ment AEE 3);
- mettre en place le système européen d'éco-audit EMAS au Centre œcumé-nique de Bruxelles et continuer à organiser les réunions de la CEC-KEK dans le respect de l'écologie;
- faire entendre la voix des Eglises dans les débats européens sur le change-ment climatique et la promotion de l'efficience énergétique et des énergies re-nouvelables, et soutenir leur engagement dans les discussions au niveau na-tional.
Les problèmes sociaux et économiques sont au cœur du débat sur l'avenir de l'Eu-rope, qui doit faire face à l'écart croissant entre les riches et les pauvres. Le chômage et l'exclusion sociale demeurent une grave menace pour de nombreux pays européens. La crise économique et financière mondiale, qui se manifeste depuis l'été 2008, montre que seules des mesures internationales étroitement coor-données peuvent avoir une influence sur les processus économiques. Mais si les politiques économiques actuelles sont essentiellement définies au niveau transna-tional, les compétences en matière de protection sociale demeurent dans une large mesure du ressort des Etats voire des régions. Cela débouche sur le déséquilibre des politiques sociales et économiques en Europe, qui constitue l'une des raisons pour lesquelles l'intégration européenne engendre des frustrations dans de nom-breux pays d'Europe centrale et orientale.
Pour les Eglises, la sollicitude à l'égard des personnes dans le besoin et la défense des droits des sans-voix font partie intégrante de leur identité; ce faisant, elles con-struisent des ponts pour faciliter la cohésion de la société.
Objectifs:
- œuvrer en vue de sociétés équitables qui offrent des chances à tous, en fonc-tion des capacités individuelles;
- encourager des politiques de l'emploi qui se préoccupent particulièrement des victimes de la précarité et des exclus du marché du travail;
- renforcer le rôle des Eglises et des ministères diaconaux dans le domaine des services sociaux et sanitaires;
- renforcer les relations de réseau entre les Eglises membres de la CEC-KEK et ses organisations associées dans le domaine des questions sociales et économiques et intensifier les liens de collaboration avec d'autres milieux intéressés;
- promouvoir la responsabilité sociale des entreprises et les investissements re-spectueux des impératifs sociaux; aider les Eglises membres de la CEC-KEK à mettre en place leurs propres stratégies.
Les sommes consacrées à l'agriculture par l'UE demeurent le poste le plus important de son budget. Cependant la réforme budgétaire de l'Union après 2013 pourrait en-traîner une remise en question considérable de la PAC (Politique agricole commune) et de son budget. Dans ce processus, il faudra prendre en compte un certain nombre de questions éthiques: sécurité alimentaire, agriculture écologique et durable, effets des modifications budgétaires sur les personnes vivant de l'agriculture ou dans des communautés rurales, nécessité d'une politique agricole durable à l'échelle mondiale.
Dans la période allant de Trondheim à Lyon, la CES a fait élaborer un document d'orientation sur l'agriculture et la vie rurale qui examine les problèmes éthiques men-tionnés ci-dessus. Au cours des mois et des années à venir, ce texte et ses con-séquences devront être discutés avec les Eglises membres et les institutions eu-ropéennes. La CES a également collaboré avec le Réseau rural européen des Eglises (RREE) au sujet des questions mentionnées plus haut.
Objectifs:
- suivre l'évolution au sein des institutions européennes en ce qui concerne les réformes de la PAC et les négociations commerciales mondiales, en prenant en compte les critères éthiques et les conséquences mentionnées dans le document d'orientation;
- avec la collaboration du RREE, offrir un forum où les Eglises puissent exam-iner les problèmes relatifs à l'agriculture et à la vie rurale.
Les droits de la personne sont un pilier de l'intégration européenne et toutes les insti-tutions avec lesquelles la CES est en contacts s'engagent à défendre ces droits. Pourtant, les valeurs communes ne signifient pas grand-chose si elles ne sont pas mises en pratique. Si on est généralement d'accord sur l'importance des droits hu-mains au plan abstrait, les divergences ne tardent pas à surgir lorsqu'on se met à préciser leur contenu. Dans la Charta Œcumenica, les Eglises d'Europe se sont en-gagées à soutenir les droits de la personne et à affirmer la valeur égale de tous les humains. Mais les Eglises sont aussi impliquées dans le débat sur l'application des droits de l'homme et sur leur caractère universel et indivisible.
La CES va continuer à aider les Eglises à élaborer leur conception des droits hu-mains. Pour elles, la défense de la liberté religieuse des individus et des communau-tés demeure une priorité, en particulier au moment où le rôle de la religion dans la sphère publique est mis en question. Mais la CES et ses Eglises membres sont aussi engagées en faveur d'une défense plus large des droits humains, qui comprend, par exemple, la protection de certains groupes vulnérables et les efforts pour promouvoir les droits sociaux et économiques.
Objectifs:
- offrir aux Eglises européennes un forum de réflexion sur les droits humains dans une perspective théologique et d'échanges de bonnes pratiques;
- étudier les questions relatives aux droits humains (liberté religieuse, non-discrimination, égalité des sexes, droits des enfants, etc.) en relation avec les besoins des Eglises membres et dans la perspective de l'évolution des institu-tions européennes;
- continuer à renforcer l'engagement des Eglises membres en matière de pro-tection des droits humains, par ex. en élaborant un manuel des droits de l'homme avec des séances de formation pour les Eglises, ce qui constituerait un contribution théologique à cette formation, ou encore en encourageant les relations de réseau entre les Eglises dans ce domaine;
- aider les Eglises membres du sud-est de l'Europe à mettre en œuvre les droits humains en affrontant les conséquences du passé communiste et en ren-forçant la primauté du droit et la démocratie;
- favoriser le rapprochement des Eglises majoritaires et minoritaires sur la ques-tion de la liberté religieuse;
- renforcer la voix commune des Eglises membres en matière de droits humains vis-à-vis des institutions européennes; collaborer notamment avec le Conseil consultatif de l'OSCE sur la liberté de religion et de croyance, le Comité direc-teur du Conseil de l'Europe pour les droits de l'homme et l'Agence des droits fondamentaux de l'UE.
La CES – tout comme le CCEE avant elle – se sont engagés de longue date sur les questions relatives à la bioéthique et à la biotechnologie. La CES a un statut d'obser-vateur au Comité directeur du Conseil de l'Europe pour la bioéthique et collabore étroitement avec les institutions de l'UE. Le Groupe de travail sur la bioéthique et la biotechnologie a rédigé un certain nombre de documents d'orientation sur des ques-tions comme le vieillissement, l'euthanasie et la recherche sur les cellules-souches (cf. site web de la CEC-KEK). Ces documents servent de base de discussion aux Eglises membres et inspirent les communications présentées aux institutions eu-ropéennes.
Etant donné l'évolution des nouvelles technologies, les sociétés européennes doivent affronter de nouveaux défis dans le domaine de la science et de la technologie qui vont au-delà de la sphère de la bioéthique et de la biotechnologie. C'est pourquoi les Eglises membres ont proposé à la CES d'élargir son champ de réflexion à des do-maines comme la nanotechnologie ou les technologies de la communication. Elles soulignent la nécessité d'une réflexion éthique approfondie sur la portée de la sci-ence et de la technologie et sur l'élargissement du fossé entre les bénéficiaires de la recherche scientifique et ceux qu'elle ne touche pas. L'évaluation à mi-parcours du 7e Programme de recherche de l'UE en 2010 pourrait être l'occasion de rassembler les idées et réflexions.
Objectifs:
- continuer à rassembler les opinions et réflexions éthiques des Eglises sur les questions de bioéthique et de biotechnologie;
- examiner la portée des technologies de l'information et de la communication dans une optique théologique et éthique;
- approfondir le travail sur les nouvelles technologies, comme la nanotechnolo-gie;
- suivre les institutions européennes en train d'élaborer un cadre politique dans le domaine de la recherche, de la science et de la technologie, en mettant l'accent sur la bioéthique et la biotechnologie;
- faire entendre la voix des Eglises dans le débat au sein des institutions eu-ropéennes, notamment lors de l'évaluation à mi-parcours du 7e Programme de recherche de l'UE.
Depuis la création de la CEC-KEK, la recherche de la paix et de la réconciliation a été sa raison d'être. Lors des trois Rassemblements œcuméniques européens, les Eglises d'Europe se sont réengagées à promouvoir la paix et la réconciliation et se sont prononcées en faveur d'une gestion des crises et d'une prévention des conflits inspirées par la non-violence. A cet effet, de nombreuses Eglises et organisations ont renforcé leurs capacités dans ce domaine. Lors de la Conférence sur l'avenir préal-able à l'Assemblée de Lyon, on a souligné une nouvelle fois la nécessité de disposer d'un instrument paneuropéen de médiation entre les Eglises pour désamorcer les conflits présentant une dimension religieuse ou sociale. Dans le meilleur des cas, un tel instrument constituerait une contribution importante à la paix en Europe, mais exigerait un engagement sans faille des Eglises membres de la CEC-KEK et des ressources humaines considérables.
Certaines tendances récentes – conflits violents entre Etats et à l'intérieur des pays, participation de soldats européens aux missions de maintien et d'instauration de la paix, prolifération des armes légères, intensification du commerce des armes – met-tent les Eglises au défi de poursuivre leur réflexion théologique sur les questions relatives à la paix, la sécurité et la réconciliation, ainsi qu'à renforcer leur engage-ment commun à promouvoir une paix juste, la réconciliation et la gestion non violente des conflits.
L'option en faveur de la non-violence est l'aune à laquelle les Eglises mesurent l'en-gagement des institutions politiques européennes en matière de prévention des con-flits et de gestion des crises. Ces dernières années, l'UE a progressé en direction de l'élaboration d'une politique étrangère et de sécurité commune. Si les crises que l'UE doit gérer sont de nature essentiellement civile, elle devrait s'engager davantage dans le domaine de la prévention des conflits.
Objectifs:
- réfléchir dans une perspective théologique au concept de non-violence et à ses conséquences, y compris, par ex., les questions touchant la relation entre la sécurité et la vulnérabilité, la paix juste et l'option en faveur de la non-violence;
- renforcer la réflexion et l'action communes des Eglises européennes sur les questions relatives à la paix, la sécurité et la réconciliation, comme le com-merce des armes et la prolifération des armes légères et nucléaires;
- soutenir les Eglises et leurs réseaux engagés dans l'instauration de la paix et la réconciliation;
- suivre les travaux des institutions politiques européennes et mondiales et in-tervenir auprès d'elles pour renforcer leur capacité à prévenir les conflits et à gérer les crises par des moyens non militaires.
Dans le domaine de l'éducation, les institutions européennes ont une fonction de soutien. Toutes les institutions avec lesquelles la CES est en relations s'efforcent d'offrir un lieu de réflexion sur l'éducation en Europe, reconnue comme l'un des prin-cipaux moyens de promouvoir des valeurs communes, le dialogue entre les cultures et la citoyenneté européenne. L'éducation, scolaire ou extrascolaire, touche tous les domaines de l'existence et constitue un processus qui dure pendant toute la vie.
Le Conseil de l'Europe vient de choisir l'éducation comme sujet de dialogue avec les communautés religieuses dans le cadre du dialogue interculturel. Selon cette institu-tion, l'enseignement de notions religieuses ou touchant aux convictions doit faire par-tie intégrante des programmes scolaires primaires et secondaires, pour lutter contre les préjugés en matière de religion et de croyance. L'UE offre un certain nombre de programmes d'échanges, comme Erasmus, Sokrates ou Grundtvig, mais la religion en est absente, ou y est à peine mentionnée.
Les Eglises ont un rôle important à jouer dans ce domaine, du fait de leur engage-ment dans l'éducation scolaire et extrascolaire. La CES collabore étroitement avec les organisations partenaires liées aux Eglises et actives dans le domaine de l'éduca-tion, ainsi qu'avec la Commission Eglises en dialogue. Lors de sa dernière réunion plénière, la CES a insisté une nouvelle fois sur la nécessité de faire entendre aux in-stitutions politiques la voix commune des Eglises pour accompagner le processus de réflexion et l'élaboration des programmes par ces institutions. Il faudrait notamment mettre l'accent sur l'éducation religieuse en tant que moyen de renforcer l'identité des personnes et d'encourager une véritable citoyenneté européenne. Il faudrait égale-ment accorder une attention particulière au rôle des Eglises dans l'enseignement dans les écoles publiques des faits relatifs à la religion et aux convictions religieuses.
Objectifs:
- offrir aux Eglises et aux organisations qui leur sont liées un forum de réflexion sur les programmes des institutions européennes concernant le rôle des Eglises dans l'encouragement de l'éducation en vue du dialogue interculturel et de la citoyenneté européenne;
- faire entendre auprès des institutions européennes la voix commune des Eglises et de leurs organisations au sujet de l'élaboration des programmes d'éducation;
- encourager la prise en compte par les institutions européennes du rôle des Eglises dans le domaine de la formation scolaire et extrascolaire.
Le dialogue interreligieux a toujours constitué un aspect important du travail de la CES. A la suite de l'initiative "L'âme de l'Europe" qui a pris fin en 2005, la CES s'est efforcée de collaborer avec d'autres religions. C'est ainsi qu'elle travaille en liaison étroite avec le Comité de la CEC-KEK / CCEE sur les relations avec les musulmans d'Europe et avec la COMECE (Commission des épiscopats de la Communauté eu-ropéenne).
Ces dernières années, le dialogue interculturel a suscité un intérêt accru de la part des institutions européennes. Le dialogue interreligieux est considéré comme un as-pect de ce dialogue, visant à promouvoir la tolérance, la non-discrimination, la co-hésion sociale, la paix et la réconciliation. Le Livre Blanc du Conseil de l'Europe sur le dialogue interculturel, approuvé en mai 2008, ainsi que les initiatives dans le cadre de l'Année européenne du dialogue interculturel 2008 ont permis aux Eglises d'inten-sifier leur collaboration avec les institutions. Elles sont ainsi mises au défi de réfléchir ensemble aux rapports entre les dialogues interculturel et interreligieux dans les pro-grammes des institutions et au rôle qu'elles entendent y jouer.
Objectifs:
- offrir aux Eglises un forum de réflexion et d'échange d'expériences sur la no-tion de dialogue interculturel et sa bonne pratique;
- continuer à être un partenaire critique des institutions européennes en matière de dialogue interculturel et notamment de l'application du Livre Blanc du Con-seil de l'Europe sur le dialogue interculturel, ainsi que de la suite à donner à l'Année européenne (UE) du dialogue interculturel;
- encourager le dialogue interreligieux dans l'optique de l'ordre du jour des insti-tutions européennes;
- faire participer les Eglises urbaines au projet commun de l'UE et du Conseil de l'Europe sur "les villes interculturelles"; on est en train d'élaborer des straté-gies en vue de relever les défis de la diversité culturelle, en collaboration avec les villes pilotes;
- offrir un lieu d'échanges aux Eglises participant aux programmes des capitales européennes de la culture.
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