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Lyon, ville depuis longtemps chrétienne, et tres oecuméniqueLyon, ville depuis longtemps chrétienne, et tres oecuménique

Basilique de Fourvière (photo: A. Osborne)

Aujourd'hui 3ème ville et 2ème agglomération de France, Lyon a plus de vingt siècles d'histoire. C'est en remontant la vallée du Rhône que le Christianisme y est arrivé, vers l'an 150. Mais en 177, sous la domination romaine, il compta 50 martyrs, mis à mort dans l'amphithéâtre des Trois Gaules, dont Sainte Blandine, ou décédés en prison, tel l'évêque Saint Pothin. Vingt ans plus tard, Saint Irénée, devenu le chef de l'Église locale, connut le même sort selon la tradition lyonnaise. L'Évangile, renforcé vers 250 par des missionnaires romains, connut alors un grand développement.


Au Moyen-Âge, les pèlerinages furent nombreux, auprès de la Vierge noire, sur la colline de Fourvière (dont la basilique actuelle date de 1870). On commença, à la fin du 12ème siècle, la construction de la Primatiale Saint Jean. S'y est réuni en 1274 un Concile général dans le but de réunir les Églises romaine et grecque, mais ce fut un échec. C’est aussi dans cette ville qu’au 12ème siècle, sous l’impulsion de Pierre Valdo (ou Valdès), un mouvement pré-réformateur vit le jour, celui des « Pauvres de Lyon », qui donna naissance aux Eglises vaudoises, dans les Alpes françaises et italiennes, et ailleurs.


Au carrefour de plusieurs grandes voies de passage, Lyon devint, au cours des siècles, un centre commercial et industriel important. Dès le 16ème siècle, y existent des imprimeries et, grâce à la proximité de Genève, la Réforme y est prêchée. Mais, pendant les guerres de religion, la ville sera pillée par des troupes protestantes, puis plusieurs huguenots y seront exécutés à la Saint Barthélemy (1572), dont Claude Goudimel, qui mit de nombreux psaumes en musique.


Dans les siècles suivants, nombre d'étrangers vinrent s'y installer : grecs orthodoxes, britanniques anglicans, allemands luthériens, et, après le génocide, une communauté arménienne importante, ce qui a développé de plus en plus le caractère multiconfessionnel de l'agglomération lyonnaise.


Au 20ème siècle, un grand témoin de l'«œcuménisme spirituel» fut l'Abbé lyonnais Paul Couturier (1881 – 1953), initiateur de la Semaine universelle de prière pour l'Unité chrétienne, «telle que le Christ la veut et par les moyens qu'il voudra», aujourd'hui célébrée chaque année, du 18 au 25 janvier, dans le monde entier. C'est à Lyon, l'association "Unité chrétienne" qui prépare et diffuse dans l'espace francophone, les documents (brochures, liturgies, tracts, affiches) pour cette Semaine.


L'Abbé Couturier fut aussi à l'origine, en 1937, du Groupe œcuménique des Dombes, avec quelques pasteurs protestants français et suisses. Ce groupe, qui se réunit actuellement chaque année, comprend 20 catholiques et 20 luthero-réformés francophones, pour travailler sur des sujets qui ont divisé les Églises, et publier le résultat de leurs travaux (tels "Pour la communion des Églises" (1988), et "Un seul Maître – l'autorité doctrinale dans l'Église" (2005). La plupart de ces livres sont traduits en plusieurs langues. Le Groupe des Dombes se réunit actuellement près de Roanne, pas très loin de Lyon, à l'abbaye bénédictine de Pradines.


Le Centre Saint Irénée, créé par le Père Beaupère en 1953, a pour but la réconciliation des chrétiens et la promotion du mouvement œcuménique. Il organise des rencontres, des formations par correspondance; il a initié des pèlerinages œcuméniques en Terre Sainte et dans de nombreux autres pays (voir sa publication "Chrétiens en marche") et mis sur pied une pastorale des couples chrétiens interconfessionnels (avec sa revue trimestrielle "Foyers mixtes").
C'est aussi à Lyon qu'a été créée, en 1982, Radio Fourvière, à l'origine d'un important réseau, aujourd'hui, de radios chrétiennes francophones locales, à vocation œcuménique.


Enfin, depuis une vingtaine d'années, existe le Comité des Responsables des Églises de Lyon (CREL) qui comprend les dirigeants ecclésiastiques des Églises anglicane, apostolique arménienne, évangélique-baptiste, catholique (à savoir le Cardinal Barbarin), grecque orthodoxe, luthérienne et réformée. Son rôle est d'établir une relation plus fraternelle entre les responsables des Églises, et de faire progresser l'œcuménisme entre les communautés chrétiennes. Il lui est souvent arrivé de parler d'une même voix.

Père René BEAUPERE
Pasteur Marc CHAMBRON